17 novembre 2007

Grèves : la droite essaie de contremobiliser ...

Article tiré du blog de Gérard Contremoulin

Le front des anti-grèves tente de faire contrepoids aux syndicats.

bfdbaac2b85fb02aabd162a13f6814f1.jpgPlusieurs associations appellent à manifester, dimanche, pour dénoncer les grèves dans les transports. Mais faute de soutien politique, leur action pèse peu dans le débat.

C'est un vieux rêve qui resurgit à chaque blocage des transports chez les plus fervents opposants aux grèves : celui d'une contre-manifestation monstre. Un grand soir à l'envers, qui verrait la fameuse « majorité silencieuse » sortir de sa réserve pour damer le pion aux syndicats. C'est un héritage de Mai 68, quand, le 30 mai, plusieurs centaines de milliers de personnes (300.000 selon la police, 1 million selon les organisateurs) défilaient, à l'appel des proches du général de Gaulle, sur les Champs-Elysées pour soutenir le gouvernement.

Appel à manifester dimanche

Depuis le début de la semaine, sentant se dessiner un conflit à même de durer, les habituels partisans d'une ligne sans concessions avec les syndicats s'activent à organiser le front anti-grèves. Les associations Liberté chérie (17.000 « sympathisants » et 2.000 cotisants), Contribuables associés (135.000 adhérents) et les Créateurs d'emplois et de richesse de France (CERF) ont ainsi appelé à manifester dimanche, à Paris, pour montrer que la majorité silencieuse ne se résigne plus à subir sans réagir.

Pas de soutien politique

Un classique : lors des grèves de 1995 et de 2003, Liberté chérie et Contribuables associés avaient déjà réuni 40.000 personnes à chaque fois, selon la police. De son côté, la Fédération des Usagers des Transports et du Service Public (FUTSP) - beaucoup plus modérée, elle milite pour la « grève par gratuité des transports » - appelle à un rassemblement, samedi, si le trafic SNCF n'a pas repris. En 1995, elle avait réuni quelques milliers de personnes. Mais faute de soutien politique, ce front anti-grèves devrait une nouvelle fois rester anecdotique. Si la base des militants UMP est assez remontée, le gouvernement mise sur l'apaisement et les invite donc au calme. Côté organisations patronales, l'attentisme est aussi de mise. Malgré le ras-le-bol qui gagne leurs troupes, elles sont restées très silencieuses afin de ne pas mettre de l'huile sur le feu ». Les vrais coups de gueule n'auront probablement lieu, si le conflit perdure, que la semaine prochaine.

Le gouvernement est responsable du blocage

Article tiré du bb5603617281788bd7e39d8741470b3c6.jpglog de Claude Bartolone
Les organisations syndicales ont demandé à être reçues afin que des réponses leur soient apportées sur la méthode et le calendrier de négociation en vue de la reprise du travail. En réponse, le Ministre du Travail conditionne cette rencontre à l’arrêt de la grève.

J’appelle le gouvernement à se ressaisir. Il doit maintenant agir dans les heures qui suivent et accepter de recevoir les délégations syndicales afin que les négociations dans chacune des entreprises concernées puissent démarrer sur une base claire, et qu’un climat de confiance soit installé, permettant aux salariés de se prononcer en faveur de la reprise.

Rien ne saurait justifier cette position de blocage de la part du Président de la République et du Ministre du Travail, à un moment où, en apportant les réponses demandées par les sept organisations syndicales, le gouvernement aurait la possibilité de faire cesser cette grève, de mettre un terme aux difficultés des usagers et d’alléger les inquiétudes des salariés concernés par la réforme.

En adoptant cette posture, le gouvernement semble accorder plus d’importance aux sondages qu’à la paix sociale, et prend la responsabilité de l’enlisement du conflit.