22 novembre 2007
Lancement du Comité National pour un Référendum
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05 novembre 2007
Traité européen : c’est le peuple qui doit décider
Interview publiée dans Le Parisien du 28 octobre 2007

"Ce qui a été décidé par référendum ne peut être réexaminé que par référendum. Une autre procédure ne serait pas vraiment démocratique. Sur cette base, j’espère que ce sera l’occasion pour les socialistes de se rassembler." Interview de Laurent Fabius publiée par Le Parisien / Aujourd’hui en France.
Voterez-vous le projet de traité simplifié adopté à Lisbonne, qui se fixe pour objectif de désembourber l’Europe ?
Laurent Fabius. Le projet, avec ses 250 pages et ses 297 amendements, n’est pas plus « simplifié » que le précédent. En 2005, le peuple s’était prononcé par référendum.
Ce qui a été décidé par référendum ne peut être réexaminé que par référendum. Une autre procédure ne serait pas vraiment démocratique. Sur cette base, j’espère que ce sera l’occasion pour les socialistes de se rassembler.
Au final, voterez-vous oui ou non ?
Je ne vois pas comment on pourrait approuver un déni de démocratie. Chacun, socialiste tenant du oui ou du non, devrait être prêt à faire un effort pour tenir cette position.
Les tenants du non, comme vous, feraient eux aussi un « effort » ?
Ce serait logique. Je souhaite que nous adoptions la position la plus démocratique et susceptible de nous rassembler. C’est d’ailleurs ce qu’a préconisé le rapporteur du PS chargé de ces questions, Benoît Hamon.
Mais Nicolas Sarkozy, comme il l’avait dit lors de la campagne présidentielle, prévoit une ratification cette fois par le Parlement !
C’est le peuple qui doit décider. D’ailleurs, je pense qu’une majorité de Français souhaitent comme moi un référendum.
Ségolène Royal et Bertrand Delanoë appellent déjà à voter oui...
Nous disions tous, il y a quelques semaines, qu’il faudrait un nouveau référendum. Pour ma part, je ne l’ai pas oublié.
Souhaitez-vous que, comme en 2005, le PS consulte ses militants par référendum interne ?
On n’est pas obligé de se tendre à soi-même un piège. (Sourire.)
Comprenez-vous une grève dirigée contre la réforme des régimes spéciaux de retraite ?
Le mouvement a été très suivi, mais les gens sont partagés...
... Et vous-même, êtes-vous partagé ?
Je pense que les régimes spéciaux doivent évoluer, mais après une vraie négociation. De plus, leur remise en cause est vécue par beaucoup comme un ballon d’essai par rapport à la question plus générale des régimes de retraite. Le candidat Sarkozy a répété le slogan « Travailler plus pour gagner plus ». Avec les multiples taxations nouvelles, les augmentations de prix, les reculs de toutes sortes, on constate de plus en plus qu’il s’agit en réalité de « travailler plus pour gagner moins ». On ne peut pas être d’accord.
Mais le statu quo en matière de retraites est-il concevable ?
Il faut des évolutions, mais sur la base d’efforts partagés. Donc une discussion générale sur l’ensemble des retraites, et pas la stigmatisation d’une catégorie de salariés.
Pourquoi souhaitez-vous que le Conseil constitutionnel censure le texte sur les tests ADN, désormais très restrictif ?
Si le texte ne concerne vraiment qu’un tout petit nombre de personnes, à quoi sert-il ? Ce qui me paraît dangereux, c’est l’addition de deux idées qu’il contient, chacune dangereuse : l’idée que notre parcours dans la vie, et surtout le rapport parents-enfants, serait entièrement déterminé par la génétique ; et l’idée que l’étranger serait une sorte de délinquant potentiel, une menace. J’espère que le Conseil constitutionnel annulera cette mesure avec un argument principal : on ne peut pas traiter différemment un enfant adopté et un enfant qui ne l’est pas, ce qui serait le cas avec les tests ADN.
« Dans le scandale de l’UIMM, il faut désigner un juge »
Etes-vous hostile à l’idée de contrôler plus strictement les conditions du regroupement familial ?
Ce n’est pas parce qu’on récuse les tests ADN qu’on est pour une immigration massive et sans règles ! J’ai une autre approche sérieuse, responsable, autour de trois principes, que nous devons gérer dans le cadre européen : 1. l’impératif du codéveloppement ; 2. pour les immigrés en situation régulière, le droit à une vie comme les autres, donc au regroupement familial ; 3. le fait que la France ne peut accueillir « toute la misère du monde » et qu’il faut lutter contre les filières et trafics de clandestins. Trop souvent, l’immigration sert de filon électoral à la droite pour faire oublier son échec sur le plan économique et social. Je refuse cette dérive malsaine.
Faut-il aller jusqu’au bout de la présidentialisation du régime ?
Cessons de jouer avec les mots ! Il faut davantage de pouvoirs au Parlement, un meilleur contrôle des décisions du président, une écoute plus attentive du suffrage populaire. Le rapport du comité Balladur me paraît plutôt intéressant, mais qu’en restera-t-il ?
Souhaitez-vous toute la vérité sur les caisses noires de l’UIMM alors que certains syndicats et même des députés en auraient, dit-on, profité ?
C’est le monde à l’envers ! C’est bien le scandale UIMM. Pourquoi le présenter comme l’affaire des syndicats ou des politiques ? Il faut qu’un juge soit désigné et fasse la lumière rapidement.
Quel doit être le profil du futur premier secrétaire du PS ?
Le PS a bien des défis à relever. Oui ou non, devons-nous revendiquer nos valeurs socialistes ? Je réponds clairement oui. Oui ou non, devons-nous adapter un certain nombre de nos propositions ? Je réponds oui et j’ajoute que notre règle, ce doit être ce que j’appellerai « l’économie sociale et écologique de marché ». Devons-nous adopter une stratégie qui nous isolerait à gauche ou, comme je le crois, nous fixer comme objectif le rassemblement le plus large autour de nous ? Vastes enjeux. C’est cela notre tâche, et non pas de nous disputer en 2008 pour savoir qui sera notre candidat en 2012, 2017 ou 2022 !
D’ici au congrès PS de 2008, que comptez-vous faire ?
Je travaillerai activement à des propositions pour répondre aux préoccupations de fond (emploi, pouvoir d’achat, vieillissement, vivre ensemble, pollutions, mondialisation financière...). Je vais aussi alerter et mobiliser contre les mesures injustes, par exemple la scandaleuse taxe sur les malades. Et poser au pouvoir des questions concrètes, en souhaitant des réponses précises. Oui ou non, le gouvernement s’engage-t-il dans les cinq ans qui viennent à ce qu’il n’y ait pas d’augmentation de la TVA ? Même question pour la CSG et la CRDS. Si l’on refuse de me répondre ou si, comme c’est le cas jusqu’ici, l’on répond à côté, cela voudra dire qu’après les municipales les Français auront à payer une addition encore plus douloureuse et injuste qu’aujourd’hui.
22:05 Publié dans Traité européen simplifié | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Traité simplifié : nous voulons un référendum, un point, c'est tout !
Le 21 février dernier, à Strasbourg, le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle annonçait qu'il proposerait, sitôt élu, « à nos partenaires de nous mettre d'accord sur un traité simplifié » reprenant « les dispositions du projet de traité constitutionnel nécessaires pour que l'Europe puisse se remettre en marche, qui n'ont pas suscité de désaccord majeur durant la campagne référendaire ». Il ajoutait à propos de cette idée subtilisée à d'autres, notamment à l'Allemagne :
« Ce traité simplifié, de nature institutionnelle, sera soumis pour ratification au Parlement. »
Le 19 octobre dernier, à Lisbonne, les chefs d'État et de gouvernement européens ont conclu un accord sur un traité dit « de fonctionnement de l'UE ». À cette occasion, Nicolas Sarkozy a réitéré sa volonté de soumettre son approbation au seul vote des parlementaires.
Reprenons. On nous avait promis un « traité simplifié » : le texte élaboré par les jurisconsultes du Conseil des ministres européens, sur lequel les dirigeants des 27 pays se sont prononcés et dont ils n'ont pas modifié la substance, comprend près de 300 articles sur plus de 200 pages qui ne s'éclairent qu'à la lumière des traités précédents. Il s'agit donc d'un texte littéralement - et volontairement ? - illisible pour les citoyens non initiés aux délices de la novlangue bruxelloise.
On nous avait dit : « un traité de nature institutionnelle ». Certes, l'essentiel des parties III et IV de la défunte Constitution a disparu du texte de Lisbonne. C'est un progrès, conforme aux demandes du non de gauche. Demeurent toutefois deux séries de problèmes sérieux. Primo : le traité corrigé est en retrait sur les avancées institutionnelles que comportait le projet précédent. Ainsi, la charte des droits fondamentaux ne s'appliquera pas au Royaume-Uni et en Pologne ; le mécanisme dit de Ioannina, qui permet à une minorité d'États de bloquer une décision, sera maintenu ; le passage à la double majorité est retardé à... 2017 ; et symboliquement, le titre de ministre des Affaires étrangères disparaît. Secundo : le nouveau texte confirme, donc conforte, la priorité donnée à l'euro par la Banque centrale européenne à la seule lutte contre l'inflation (article 245bis-2). Dès lors qu'elle a été vaincue depuis deux décennies - et d'abord en France -, cela revient à privilégier la finance et la rente au détriment de la production, de la croissance et des salaires. De surcroît, si la « concurrence libre et non faussée » ne figure plus parmi les objectifs de l'UE, les politiques qui la mettent en oeuvre restent inchangées.
Au final, le seul engagement tenu par le chef de l'État, c'est de priver le peuple de son droit souverain de consentir ou non aux nouvelles institutions européennes qu'il lui propose. Le 29 mai 2005, le peuple français s'est prononcé ; lui seul peut légitimement réexaminer sa position. C'est pour nous la question fondamentale qui est aujourd'hui posée à l'ensemble des responsables politiques, quelle que soit, par ailleurs, l'appréciation qu'ils peuvent porter sur le contenu de ce nouveau traité. Les parlementaires ne doivent pas prêter la main à une confiscation de la souveraineté populaire. Ils en sont les dépositaires, non les propriétaires, et n'ont pas vocation, à leurs corps défendant, à devenir les complices d'un rapt démocratique.
Membres du Parti socialiste, nous sommes inquiets de la tournure que prend en son sein le débat sur le traité corrigé. On reproche suffisamment - et souvent à tort - au PS de ne pas avoir de position claire sur nombre de sujets pour mettre au panier celle consistant à exiger que tout nouveau traité européen fasse l'objet d'un référendum. N'abandonnons pas cette exigence précise et commune au projet socialiste autant qu'au programme présidentiel de Ségolène Royal. Les électeurs de gauche - et pas seulement eux - ne l'accepteraient pas, à juste titre : les socialistes et les républicains se sont toujours abîmés quand ils ont transigé sur les principes démocratiques. Il serait paradoxal, au passage, que les plus vibrionnants partisans de la démocratie participative se convertissent au déni de souveraineté populaire par la magie d'un coup de baguette élyséen. Nous ne pouvons l'imaginer et nous avons bon espoir que la raison finissant par l'emporter, les députés et sénateurs socialistes prennent la seule décision qui s'impose : le boycott, autrement dit la non-participation à ce qui serait une parodie de ratification.
22:00 Publié dans Traité européen simplifié | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Après le sommet de Lisbonne
L'adoption ce week-end du "Traité modificatif" à Lisbonne montre bien qu'il y avait des solutions alternatives au Traité Constitutionnel Européen. Ceux qui nous ont répété à satiété que si les Français rejetaient le TCE, ils seraient condamnés au traité de Nice à perpétuité, nous ont raconté des histoires.
Est-ce à dire que le Plan B d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy nous convient ? Évidemment non.
L'Union européenne avait besoin d'un vrai Traité constitutionnel : un texte court, lisible, énonçant les grandes valeurs, les grands objectifs des Européens, et centré sur l'organisation des pouvoirs de l'Union européenne à 27. La Présidence allemande a choisi au contraire d'amender les traités existants. Amendements rédactionnels ou amendements portant sur le fonctionnement : on en décompte pas moins de 297 qui noircissent 250 pages. C'est sans doute par antiphrase, selon son habitude, que Nicolas Sarkozy, parle de Traité simplifié ou de Mini-traité !
L'incorporation dans les Traités en vigueur de la quinzaine de réformes institutionnelles qui faisaient consensus en 2005, ne permettra d'améliorer qu'à la marge, le fonctionnement de l'Union européenne élargie.
Elle ne lui permettra pas de jouer le rôle de force d'impulsion et de protection que les citoyens des Etats membres attendent d'elle.
Nicolas Sarkozy prétend avoir relancé la construction européenne. La démarche qui a été la sienne se caractérise au contraire par un total manque d'ambition.
Le Président français aurait pu mettre comme condition à son assentiment, l'adoption d'un Protocole social, comme l'a proposé Angela Meckel. Il aurait pu exiger une facilitation des coopérations renforcées, une politique monétaire plus active, l'engagement d'un effort budgétaire accru des Etats membres, à l'occasion du rendez-vous sur les "Perspectives financières" de 2008.
il n'a rien exigé de cela, il n'a même pas soutenu la proposition Merkel d'un protocole social.
Un mot, enfin sur la question du mode de ratification. Dire que ce que les Français ont rejeté par référendum, ne peut être reconsidéré que par référendum,- comme nous l'avons fait à notre Congrès du Mans et lors de la campagne présidentielle-, ce n'est pas faire preuve de formalisme ou de juridisme.
En 2005, nos concitoyens se sont passionnément mobilisés, pendant huit mois, sur la question de l'Europe et du TCE.
Ils ont participé massivement au scrutin, et s'agissant des classes populaires et des électeurs de gauche, ils ont voté massivement Non. !
Revenir sur ce vote, en ne laissant voter que les Parlementaires va être vécu par les "simples citoyens" comme une manœuvre politicienne insultante : puisque le peuple fait n'importe quoi et ne comprend décidemment rien, laissons les députés et les sénateurs réparer ses dégâts !
Voilà comment sera interprétée la procédure qui nous est proposée. Les socialistes ne doivent pas être soupçonnables d'y prêter la main.
Le "refus de vote" que nous préconisons marque à la fois l'insatisfaction des socialistes face au Traité corrigé, leur protestation face à la ratification, tranchée d'avance, par les seuls parlementaires, et leur volonté de passer au véritable terrain de la relance et de la réorientation de l'Union européenne : celui des politiques communes.
21:54 Publié dans Traité européen simplifié | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 octobre 2007
Pourquoi il faut dire non au nouveau traité européen

Une méthode toujours non démocratique qui produit un texte toujours illisible. Le texte qui a été discuté à Lisbonne a été élaboré dans le dos des citoyens et des parlementaires par des représentants des Etats travaillant dans l’ombre de la CIG. Après l’expérience avortée de la Convention de 2005, plutôt que de confier le travail à faire a l’assemblée des parlementaires européens, on en est donc revenu à la pure méthode intergouvernementale qui paralyse l’Europe depuis plusieurs années. Déjà largement inopérante à 15 ou à 25, cette méthode fonctionne encore moins bien à 27. En organisant la discussion en fonction des antagonismes nationaux et pas en fonction de la recherche d’un intérêt général du peuple européen, cette méthode de la CIG ne peut qu’exacerber les tensions nationalistes et déboucher sur des compromis au rabais.
Le résultat de ces marchandages est à nouveau un texte interminable et illisible : 255 pages au total en comptant le traité lui-même et son préambule (154 pages), les 12 protocoles additionnels (76 pages) et les 53 déclarations annexes (25 pages). On a donc tout sauf un mini traité, tout sauf un traité simplifié. Sans parler d’une rédaction totalement opaque qui multiplie les renvois aux traités existants au point qu’un chef d’Etat européen a déjà pu qualifier ce texte de « traité des notes de bas de pages ». Cette complexité, qui était aussi celle de la Constitution européenne, est un déni de démocratie. Le père de la Constitution européenne Valéry Giscard d’Estaing a d’ailleurs parfaitement résumé dans le Monde du 14 juin 2007 la méthode du nouveau traité : « Une dernière trouvaille consiste à vouloir conserver une partie des innovations du Traité constitutionnel, et à les camoufler en les faisant éclater en plusieurs textes. Les dispositions les plus innovantes feraient l'objet de simples amendements aux traités de Maastricht et de Nice. Les améliorations techniques seraient regroupées dans un Traité devenu incolore et indolore. L'ensemble de ces textes serait adressé aux Parlements, qui se prononceraient par des votes séparés. Ainsi l'opinion publique serait-elle conduite à adopter, sans le savoir, les dispositions que l'on n'ose pas lui présenter "en direct !" » Il est impossible de savoir si avant le passage devant le congrès du parlement en France un temps de débat public sera organisé et si le texte sera disponible en édition courante consolidée pour le public des citoyens et des parlementaires.
Quand il n’est pas directement confisqué par la Commission, l’essentiel du pouvoir européen continue donc de résider dans les mains d’instances intergouvernementales. La seule institution élue, le Parlement n’a pas de pouvoir prépondérant comme l’exigerait l’avènement d’une véritable démocratie européenne. Ce système institutionnel favorise les blocages et l’impuissance publique européenne.
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18 octobre 2007
Pervenche Berès: "Il faudrait un nouveau référendum"
Interview publiée par Libération. Pervenche Berès est Députée européenne.
Quelle différence y a-t-il entre le projet de traité constitutionnel et le «traité réformateur» ?
Il ne constitutionnalise plus les «politiques communes» comme le faisait le projet de Constitution. Si le «non» l’a emporté en France, c’est à cause de cela : s’il y a une chose que le débat en France et en Europe a montré, c’est qu’il n’existe pas de consensus sur ces politiques et sur la façon dont elles sont mises en œuvre aujourd’hui. Mais il y a d’autres évolutions négatives dans ce nouveau traité, comme le fait que la charte ne s’applique pas à la Grande-Bretagne et à la Pologne. C’est très révélateur de ce qu’est la nouvelle Europe.
Un référendum doit-il être organisé sur ce nouveau traité ?
Par respect pour la démocratie, Nicolas Sarkozy devrait convoquer un référendum.
Les Français ne risquent-ils pas de voter non une nouvelle fois, en considérant qu’on essaye de faire entrer par la fenêtre un texte qu’ils ont mis dehors par la porte ?
Si on ne les consulte pas à nouveau, c’est sûr qu’ils le penseront. Pour le PS, la bonne stratégie est de demander un référendum et de recommander l’abstention. Il faut éviter que le PS se divise à nouveau, car les lignes de fracture sont toujours là. Si on s’étripe entre nous sur l’Europe, cela veut dire que notre prochain congrès porte uniquement sur cette question. Or ce n’est pas ce que les Français attendent de nous.
Un second non ne signerait-il pas la fin de l’Union européenne ?
C’est pour cela qu’en cas de référendum, le PS doit prôner l’abstention.
Les tenants du non affirmaient en 2005 qu’un rejet du traité constitutionnel serait un «choc salutaire». Or, on n’est manifestement pas sorti par le haut de cette crise.
Je ne suis pas d’accord : on a dû repenser la nature du projet européen comme le montrent les discussions qui ont lieu depuis deux ans. Maintenant, chacun a conscience qu’une Constitution ne suffit pas à résoudre les problèmes de la grande Europe.
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17 octobre 2007
Les comptes justes à propos de la ratification du nouveau traité européen
Une réunion de chefs d’états et de gouvernements de l’Union européenne va se réunir à partir de jeudi pour examiner le nouveau projet de traité européen destiné à remplacer celui que la France et la Hollande ont rejeté par référendum. Avant d’évoquer demain le contenu du texte qui est en débat, je veux aborder le problème des conditions dans lesquelles, quelque soit le contenu de ce texte, se présentera le mécanisme de ratification en France. En effet, mes efforts d’explication depuis le soir du résultat des législatives de juin 2007 n’ont pas été assez clairs pour permettre à tout le monde de bien comprendre pourquoi ce mécanisme oblige à deux votes. Deux. Prenons donc la démonstration dans l’ordre.
La conséquence politique de cela est : qui veut un référendum sur le nouveau traité européen doit, pour cela, voter contre la modification de la Constitution française. Et pour être bien précis politiquement cela signifie que ceux qui votent « oui » à la révision de la Constitution française, ou qui s’abstiennent, rendent possible l’adoption par la voie parlementaire du nouveau traité. Ils votent donc en fait contre l’organisation d’un référendum sur cette question. La conséquence de cela est alors la suivante : le vote du traité par voie parlementaire se fait à la majorité simple dans chacune des deux chambres. L’UMP dispose de cette majorité, sans les centristes et sans les souverainistes, au Sénat et à l'Assemblée Nationale. C’est clair ? Qui accepte la révision de la Constitution française sur ce point empêche le référendum et abandonne la décision sur le nouveau traité européen à la seule UMP !Sur le papier il faut à la droite une union sans aucune faille de tous les UMP, tous les centristes, tous les souverainistes, tous les non inscrits de droite pour avoir une très courte majorité des 3/5.
9 députés potentiellement souverainistes à l’Assemblée
Cela fait donc ainsi au moins 9 députés de droite qui voteraient contre. 552 moins 9 = 543. Soit deux voix de moins que le total requis. Donc, seulement sans ceux-là, la droite n’a plus la majorité des 3/5. Et pourtant la soustraction n’est pas finie. Cinq sénateurs de droite sont également positionnés sur le refus.
- Parmi les "divers-droite" du RDSE, 1 sénateur avait voté contre, Bernard Seillier, qui est toujours sénateur.
- Enfin, parmi les "non inscrits", on compte 2 sénateurs villiéristes vendéens qui avaient voté contre en 2005 et qui sont toujours sénateurs : Bruno Retailleau et Philippe Darniche.
Cela fait donc bien au moins 5 sénateurs de droite qui voteraient contre.
La minorité des 2/5 ème doit être de 363 voix. Faisons les comptes : 204 députés socialistes et apparentés + 24 députés communistes et apparentés = 228 députés de gauche. A ceux là s’ajoutent 96 sénateurs socialistes et apparentés + 23 sénateurs communistes et apparentés + 8 sénateurs radicaux de gauche et apparentés = 127 sénateurs de gauche. Le total des parlementaires de gauche est donc de 355 voix. Cela ne fait pas à soi seul la minorité de blocage des 2/5.Et encore est-ce sans compter avec les votes des députés MODEM qui devraient potentiellement être négatifs puisque Bayrou s’était engagé sur la tenue d’un référendum pour tout nouveau traité. Cela ajouterait alors au moins 3 voix supplémentaires à l’assemblée et un nombre inconnu au sénat. La minorité de blocage grimperait alors à 372 voix, soit 9 voix d’avance.
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